4 minutes reading time (887 words)

Lausanne 2014 : Comme à la maison !

76

C’est un euphémisme d’affirmer que ce marathon avait une saveur particulière pour moi. En effet, ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de courir un marathon "à la maison", là même où on effectue une partie de ses sorties longues ! L'avantage est que je savais parfaitement à quoi m'attendre : un paysage somptueux entre vignes et lac Léman avec en prime une magnifique vue sur les Alpes, mais aussi un parcours tout en faux plat peu propice à la réalisation d'un chrono. 

Deux semaines après avoir tout donné lors du marathon de Munich, je me doutais bien de toute façon que je n'aurais pas les jambes pour aller chercher un record personnel. Je n'allais donc surtout pas me mettre la pression avant la course. 

Dimanche 26 octobre. Une quinzaine de degrés, grand soleil : les conditions s’annoncent parfaites. J'ai rendez-vous près du départ avec tux, KeyserSoze et Sam38. Je croise dans le métro ce dernier et sa femme, avec qui j'ai partagé la veille une sympathique pasta party sur le bateau "Le Lausanne" amarré au port d'Ouchy. Nous retrouvons bientôt tux et KeyserSoze. Le temps de discuter un peu, de se changer et de prendre quelques photos de groupe, et c'est parti : direction les blocs de départ. Tandis que tux (qui a indiqué lors de son inscription un temps final plus large) se retrouve seul dans son bloc, je discute avec les deux autres CLM en attendant le coup de pistolet. 

Alors que Sam38 part tout de suite à une allure trop rapide pour moi, je cours les premières centaines de mètres aux côtés de KeyserSoze, avant finalement de le laisser derrière moi afin de tenir l'allure prévue. Aujourd'hui, ma stratégie est simple : rester à 11,5 km/h jusqu'au semi, et accélérer ensuite si les jambes le veulent bien. A mon propre étonnement, je reste parfaitement régulier, affichant une vitesse moyenne de 11,46 km/h au semi. A noter que je me suis fait entre-temps doubler après 12 km par tux, bien plus rapide que moi. 

Juste avant le demi-tour signifiant le passage du semi, j'aperçois justement tux, précédé de peu par Sam38. Ils n'ont que quelques minutes d'avance sur moi. Après avoir passé le demi-tour, j'adresse un signe de la main à KeyserSoze, qui n'est lui aussi que quelques minutes derrière moi. 

Je profite ensuite de l'ambiance à Vevey, porté par la foule venue en nombre nous supporter sur cette rare partie de plat. Une alléchante odeur de gaufres liégeoises chaudes parvient bientôt jusqu'à mes narines. Miam, j'en veux une ! Je dois cependant me résoudre à laisser tomber l'idée : c'est qu'il me reste encore une vingtaine de kilomètres à courir avant les réjouissances ! Je redoute déjà la montée à la sortie de Vevey, qui risque bien de me casser les jambes. Je l'ai affrontée maintes fois lors de sorties longues, et je sais trop bien qu'elle peut faire très mal si on la prend trop vite. A l'approche de la côte, je réduis donc la cadence, et en sors finalement sans trop de dégâts. Puis c'est reparti pour les montagnes russes : ça descend, ça remonte, ça redescend, ça re-remonte... Cette incessante succession de faux plats finit par entamer mon moral... et l'énergie qu'il me reste encore dans les jambes. 

C'est finalement le fait d'apercevoir la silhouette de tux, plusieurs centaines de mètres devant moi, qui me redonne de la motivation. Allez, j'essaie de le rattraper ! Je pousse, je pousse, mais cela me prend tout de même un certain temps. Nous nous adressons un signe de la main tandis que je le double enfin, après 31,5 km. Le temps de passer un poste de ravitaillement et je dépasse également Sam38, vraisemblablement en difficulté, après 32 km. Je l'encourage brièvement avant de continuer sur ma lancée tandis qu'une splendide vue sur le lac s'offre à nous. 

Villette. La vue de ce panneau à huit kilomètres de l'arrivée coïncide avec le passage de ma réserve d'énergie dans le rouge et m'indique que nous allons très bientôt quitter les vignes pour traverser des zones d'habitation. Je ne compte pas le nombre de fois où, lors de sorties longues, je me suis imaginé (à tort) à la vue de ce panneau que j'arrivais bientôt à Lausanne, et où j'ai ensuite souffert sur les derniers kilomètres. Même si, cette fois, je me garde bien de me réjouir trop tôt, cela ne m'empêche pas de souffrir au fur et à mesure que j'approche de l'arrivée. 

Nous passons bientôt sur les pavés du joli village de Lutry. De plus en plus de spectateurs nous encouragent. Bien que cela m'aide à ne pas lâcher, j’ai de plus en plus de mal à tenir l’allure. Je croise après 39,5 km, à hauteur de Paudex, un ami sur le bord de la route : ses encouragements me revigorent. Allez, j’y suis presque… Pully, la descente qui nous ramène le long du lac, la dernière longue ligne droite et ses nombreux spectateurs, et j'arrive enfin à hauteur du Musée Olympique, après avoir rapidement pris la pose devant l'objectif de l'appareil photo de la femme de Sam38, arrivée à bon port après avoir pour sa part participé aux 10 km. 

Temps final : 3h43. J’en ai bien bavé, mais je n’ai pas lâché, c’est le principal. Surtout, je suis resté régulier, alors que le parcours, lui… connaissait des hauts et des bas !

La Diagonale des Yvelines 90 km
Poitiers 2019 – Un sage chrono tu viseras
 

Commentaires 4

Robocop78 le mercredi 26 juin 2019 10:43

Faudra qu'on le refasse ensemble, celui-là !

Faudra qu'on le refasse ensemble, celui-là !
DingDong le mercredi 26 juin 2019 20:01

Avec plaisir

Avec plaisir ;)
Aïolirun le samedi 29 juin 2019 07:18

Tu vas renouvleer l'opération cette année si j'ai bien compris !

Tu vas renouvleer l'opération cette année si j'ai bien compris !
DingDong le dimanche 7 juillet 2019 12:15

Yes ! J'ai hâte

Yes ! J'ai hâte :)
Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
Invité
mercredi 17 juillet 2019